Les esquisses et maquettes de logo

On nomme esquisse, toutes les idées qui vous passent par la tête avant, pendant et après la réunion d’établissement du cahier des charges avec votre client. Ces idées, vous avez pris soin de les croquer rapidement dans votre cahier de notes. Point de départ de toute création, les esquisses sont des dessins à main levée rapidement exécutés sur un morceau de papier à l’aide d’un bon vieux crayon. Un dessin intuitif se concentre sur la recherche d’un vecteur graphique représentant au mieux la synthèse du cahier des charges et donc les souhaits et paroles du client. Votre force créatrice sera mise en avant par la pertinence de votre logo et par sa fidélité à la description du cahier des charges. Vos sentiments personnels doivent rester en retrait, seule votre particularité graphique doit émerger en fonction de l’attente du client. Parfois les idées vous viennent rapidement à l’esprit, parfois elles prennent un peu plus de temps à se coucher sur le papier. Dans ce second cas, il est alors important d’en parler avec un tiers, ou de pouvoir ouvrir son esprit en feuilletant, tantôt un livre d’art, tantôt un livre d’architecture, tantôt un livre sur l’histoire industrielle, tantôt en observant le dessin des sillons d’un champ labouré, afin de passer sous vos yeux des images, des formes, des couleurs différentes qui vous permettront de développer des projets dans des nouvelles directions de création. Même si votre logo ne doit pas parler d’architecture, il est possible que la vue d’une photo ou d’une ombre portée étonnante fasse jaillir en vous un visuel nouveau pour votre logo. Pour élaborer des avant-projets différents, il est important de pouvoir réaliser ce genre de pirouette.

Souvent, il arrive de rester prisonnier d’une première idée et de tourner en rond sans pouvoir s’en détacher. S’ouvrir l’esprit en repartant de visuels et de thèmes différents est une bonne clé à la production de nouvelles pistes de création. Il est bien de placer les projets intuitifs au frigo, c’est-à-dire de les laisser reposer quelques jours afin de changer ses idées avant de remettre l’ouvrage sur le métier.

Il est bon aussi d’humaniser ses créations, que le logo fasse référence à un visuel qui concerne l’homme ; un logo destiné à représenter une entreprise qui prépare des jambons fumés doit sentir le jambon ! Il est nécessaire de se forcer à créer des esquisses différentes, ils doivent évidemment tous répondre au cahier des charges. Se forcer à produire des esquisses différentes vous permet de couvrir un vaste champ de possibilités de création, de ne pas passer à côté d’une magnifique piste de création par manque de temps ou d’audace de création. Les esquisses se comptent par dizaines, ce n’est pas le moment d’y aller à l’économie. Une source d’inspiration peut être l’ensemble des logos déjà existants dans le secteur d’activité du client. Le travail consiste alors à se démarquer de ces logos existants en ouvrant de nouvelles portes graphiques. De cette multitude de projets intuitifs doivent émerger deux ou trois maquettes différentes. Un changement de couleur ne représente pas un projet différent en soi, mais représente une déclinaison d’un avant-projet précis.

Pourquoi créer des maquettes différentes ?

Présenter une seule maquette est diplomatiquement très risqué, si votre client n’aime pas votre proposition, vous vous trouvez un peu coincé. À l’opposé, si vous présentez dix propositions différentes, votre client – qui n’est pas un spécialiste – se trouvera fort dépourvu pour effectuer un choix. C’est donc à vous de faire un premier choix, une première sélection en isolant deux ou trois propositions différentes et de qualité permettant ainsi une discussion harmonieuse autour des visuels.

À vous également de faire adopter par le client la proposition qui vous semble la plus adéquate. Il est dans votre avantage de présenter la version la plus forte en dernier lieu afin que le sentiment général de la présentation se termine sur une note positive et non l’inverse. Une présentation évoluant en crescendo, dans la qualité et la justesse du logo, est toujours fort dynamique et fructueuse.

La création d’esquisses exécutée directement à l’aide d’un outil informatique n’est pas conseillée. Votre ordinateur est incapable de créer à votre place. De plus, il est bien plus aisé de sentir les proportions d’une création à main levée sur du papier que sur un écran informatique.

Les déclinaisons des maquettes de présentation

Vos deux ou trois maquettes sont maintenant définies, il faut encore les mettre au point pour réaliser leurs déclinaisons. La mise au point d’une déclinaison consiste à configurer votre logo pour qu’il puisse être utilisé par différentes techniques de reproduction. Une déclinaison comporte :

  • Une version du logo en noir et blanc (une couleur). Cette version sera utilisée pour le papier fax dont la technologie de transmission ne permet pas une grande finesse d’impression. Cette première déclinaison permet de constater que si vous utilisez un  dégradé dans votre logo, il serait bon de penser aussi a une version sans dégradé.
  • Une version en couleur avec deux ou trois variantes colorimétriques. Des impressions du logo en différentes tailles, c’est le test de la lisibilité au changement d’échelle. L’impression d’une très grande jusqu’à une petite taille permet de montrer la qualité d’impression du logo en vue d’une reproduction sur une épinglette ou sur un stylo par exemple. C’est également cette version qui permet de constater qu’un trait fin disparaîtra lors de la diminution du logo.
Sources : L’atelier de création de logo et de chartes graphiques, Jean Paternotte, Eyrolles, 2003